Georges Kiejman Enfants – L’ancien ministre Georges Kiejman serait décédé le 9 mai 2023, à l’âge de 90 ans, comme le rapportent des membres de son entourage. La femme de l’avocat était une célèbre actrice française.
Une triste nouvelle est tombée le 9 mai 2023. La famille et les amis de Georges Kiejman ont annoncé son décès alors qu’il avait 90 ans. Sous la présidence de François Mitterrand, l’éminent juriste a également été ministre délégué au ministère de la justice, entre autres portefeuilles.
Il était également connu pour son étroite amitié avec Pierre Mendès France. Depuis un certain nombre d’années, lorsqu’on lui demande comment il va, sa réponse standard est “Viens un vieil homme qui va mourir”, suggérant qu’il se sentait de plus en plus diminué. Nos frères du monde nous ont rappelé qu’il avait des problèmes cardiaques depuis 2019.
Il a rarement visité son bureau du boulevard Saint-Germain au cœur de Paris, où il est l’avocat principal. Dans le numéro de décembre 2020 des journaux du Monde, il avait écrit “J’attends le saut final”. “En accordant la sérénité, mais pas en l’étalant, même si ma vie a été belle” Parmi les moments forts de sa vie figurent sans aucun doute ses noces avec une actrice française bien connue. En effet, il a vécu avec Marie-France Pisier pendant un total de six ans (de 1973 à 1979).
La perte de Marie-France Pisier avait laissé une marque indélébile dans la vie de Georges Kiejman. Même s’ils ne s’étaient pas vus depuis longtemps, les vieux tourtereaux semblaient être restés en bons termes. En effet, sa disparition tragique le 24 avril 2011 l’avait assez durement touché.
Rappelons que la célèbre actrice a été retrouvée par son mari, Thierry Funck-Brentano, sans réaction au fond de la piscine de leur villa. Georges Kiejman avait une idée de ce qui l’avait tué. Dans son journal, il écrit à ce sujet : « Sans aucune certitude, je crains un appel au secours qui aurait mal tourné. Cette mort atroce reste encore un mystère et une source de regret […].
Georges Kiejman, avocat de 77 ans et ancien ministre, a passé la majeure partie des trois dernières décennies en vacances à Belle-Ile-en-Mer, au large du Morbihan. Il y présente François Mitterrand, l’un de ses plus proches amis.
Belle-Ile-en-Mer est une destination estivale prisée des touristes, dont beaucoup sont en quête de tranquillité. Car, contrairement à Saint-Tropez, un autre repaire de célébrités, “on ne vient à Belle-Ile pour être vu, mais pour être oublié”, comme le dit le local Georges Kiejman. L’avocat y a une maison et aime y passer des vacances reposantes. “Il existe une règle tacite selon laquelle tout le monde donne à chacun son espace quand il en a besoin.”
“Une Ambiance Romantique”
Mais l’intimité des Bellilois n’est pas la seule chose qui ramène Georges Kiejman à Belle-Ile chaque été depuis plus de trois décennies. Ancien maître dans l’art de la formule et avocat de la défense sur des affaires très médiatisées comme les blagues sur les procès de Pierre Goldman et Ibrahim Abdallah, “Toujours avant, je faisais l’étrange, mais maintenant ridicule, prétendre que j’y allais pour soigner mes malheurs amoureux.
J’y ai cru longtemps. Mais je me suis finalement demandé si je n’avais pas fait des regrets pour pouvoir visiter Belle-Isle. Il y a une ambiance romantique là-bas que je n’hésiterais pas à appeler. Il découle des nombreux types de paysages que vous pouvez y trouver, des longues étendues sereines de plages de sable aux falaises escarpées le long de la côte.
Converti, il est Monsieur François Mitterrand
Georges Kiejman n’a pas oublié d’enseigner à ses amis la beauté de l’île du Morbihan, dont celle qui deviendra plus tard la mère de ses trois enfants, qui ont tous passé leurs années de formation à Belle-Ile. A Belle-Isle, il doit la conversion de François Mitterrand, dont il a été ministre délégué à trois reprises. En fait, l’ancien président a visité le palais de l’île, Castel Clara, à plusieurs reprises vers la fin de sa vie afin de s’y reposer. Castel Clara est situé au pied de la rade de Port Goulphar.
« François Mitterrand, qui a toujours été un admirateur de la nature, y a trouvé le calme, l’occasion de flâner le long de la côte sauvage, et l’occasion de s’essayer à quelque chose de nouveau au port de Sauzon », selon une source. Georges Kiejman aime une variété de passe-temps comme les pique-niques, la natation, les jeux d’échecs et la lecture sur la plage. “J’ai toujours été captivé par les décors qui incitent à la lecture.
Il pleut assez souvent pour cultiver une véritable culture, et la rareté des journées ensoleillées n’en est que plus appréciée. Je ne lis pas autant qu’à Belle-Isle. Pour faire simple, l’île est une source majeure de bonheur pour Georges Kiejman. « À tous les égards — intellectuel, moral et physique — je ne peux penser à aucun endroit où je préférerais être qu’en Bretagne, et à Belle-Isle en particulier. Je me sens tout à fait en sécurité sous leurs soins. Et même la tristesse a une douceur à ça pour moi.
L’ancien ministre et héritier du trône baronnial s’ouvre sur les blessures secrètes et les plaids qui ont tourmenté sa vie. Son autoportrait d’une vulnérabilité inattendue épouse les bouleversements de l’histoire.
Les enfants de Georges Kiejman ont encouragé leur célèbre père à écrire un mémoire sur sa vie il y a deux ans. Celui qui a défendu Pierre Goldman, la famille de Malik Oussekine ou Charlie Hebdo dans le procès des caricatures de Mahomet était hésitant. Puis elle a décidé d’utiliser un format qui lui était familier. Celle de l’image. Il s’est tourné vers Michal Prazan, un réalisateur de documentaires spécialisé dans le totalitarisme, pour cet autoportrait vidéo.
Dix entretiens approfondis brossent un tableau étonnamment vulnérable et soumis. Georges Kiejman, rhéteur redoutable et flamboyant, dandy qui a fréquenté les cinéastes de la Nouvelle Vague et qui a été marié à Marie-France Pisier, s’épanouit émotionnellement. Sur son ascension vers la notoriété dans la société et la politique et ses succès au barreau. Mais même de son côté obscur, ses blessures n’ont jamais cicatrisé.
Cet inventaire n’épargne pas les sentiments du lecteur, exposant une autre facette de Georges Kiejman presque insatisfaite de lui. Celle d’un homme élevé en Pologne par une mère juive analytique avec qui il n’arrive pas à briser la glace. Débordante de confiance, la matriarche prétendait à tort être une descendante d’une vieille famille aristocratique afin d’éviter d’être identifiée comme juive pendant la guerre.
Trucs des puissants
Georges Kiejman, qui s’est caché pendant l’Occupation et a grandi dans la foulée, réalise très tôt que les principes de justice et d’oratoire seront son ticket de sortie. Si le public est exposé à son verbiage charismatique lors du procès de Pierre Goldman en 1975, l’avocat sera inondé d’affaires comme celle impliquant le terroriste libanais Georges Ibrahim Abdallah, le premier grand procès pour terrorisme.
Comme Jacques Vergès, il appartient à la génération des orateurs doués arrivés sur le devant de la scène sous la Troisième République. Il incarne l’avocat politique austère et vêtu de noir par excellence. Michal Prazan rétorque, “Une espèce qui appartient au XXe siècle”, en réfléchissant à quel point il est choqué que la carrière de son ami ait si peu marqué la culture populaire moderne.
Georges Kiejman, dont le tuteur était Mendès France, illustrera ses idéaux de gauche en acceptant un portefeuille à trois reprises sous Mitterrand. La route vers l’impuissance n’a pas été facile. Le gamin de ce déporté est traumatisé par les critiques d’un camarade A-lister encore maintenant. Serge Klarsfeld l’a accusé de protéger l’ancien haut fonctionnaire de Vichy René Bousquet, recherché pour crimes contre l’humanité.
“Georges Kiejman personnifie une voie française. Cet enfant d’immigré est devenu ministre grâce à un travail acharné à l’école et à une adhésion aux valeurs méritocratiques, certes un peu dévalorisées de nos jours. Ses agissements sont “un précurseur du XXe siècle, » comme le note encore Michal Prazan. Le cinéaste a conservé à jamais leurs conversations dans 300 pages de retranscription.
Dans la vie de son interlocuteur, il est bien connu. L’auteur des “Einsatzgruppen” et de “La Passeuse des Aubrais” dit : “Il a abordé les thèmes qui m’ont façonné”. Tout, de leurs racines polonaises à leur intérêt pour le terrorisme en passant par leur amour du cinéma français. Admirer l’autoportrait nuancé qu’il a peint, c’est comme se lancer dans une chasse au trésor historique. Une belle invitation au romantisme.
En tant qu’abonné, vous pouvez utiliser la fonction « Offrir un article » pour envoyer jusqu’à cinq articles par mois à l’un de vos proches.ENTRETIENL’ancien ministre retrace pour « Le Monde » son parcours, marqué dès l’enfance par la mort de père à Auschwitz et ponctuée de nombreuses rencontres.
Entretien. A 88 ans, Georges Kiejman est l’un des avocats les plus en vue de France. Parmi les nombreuses personnes qu’il a représentées figurent Pierre Goldman, la famille Oussekine, Jacques Chirac et Charlie Hebdo. Dans les années 1990, il occupe plusieurs postes ministériels et collabore étroitement avec Pierre Mendès France et François Mitterrand.
Je ne serais pas ici si…
Et si mes parents n’avaient pas connu des fins tragiques ? si ma mère n’avait pas été vraiment pauvre et n’avait pas appris à lire, et si mon père n’avait pas été gazé à Auschwitz. A partir de là, il y a un fondement que tout le monde peut reconnaître comme la source d’une volonté féroce de survivre.
Qui sont/étaient tes parents ?
Mes parents juifs polonais ont déménagé en France en 1931, amenant avec eux deux jeunes filles. Je suis entré dans ce monde un an plus tard à Paris, en 1932. Très peu de temps après, ils ont suivi leur propre chemin. Je n’en sais pas assez sur la période pour reconstituer les activités de mon père.
Mes sœurs et moi l’admirions énormément; il avait rapidement adopté un nouveau look pimpant, avec les droits du pardessus, les chapeaux garnis de gansey, les parachutes Chamberlain, les courses de chevaux et son travail dans un cabinet d’avocats / cabinet d’enquête privé (comme celui représenté dans le film Baisers volés de François Truffaut).